Les phobies peuvent être très diverses et plus
généralement elles sont en rapport avec un élément déclencheur qui peut être à peu près n'importe quoi.
Si une peur peut être salutaire et inciter à davantage de prudence, la phobie semble prendre le contrôle plus ou moins grand des réactions de
l'individu comme s'il se sentait menacé ou "en danger" ou que la situation représente un risque pour lui-même, même si la situation est anodine et tout à fait sans
danger pour un autre observateur.
Présentation d'une phobie combinée avec des stress post-traumatiques.
Note : ce récit peut ne pas convenir à des personnes très sensibles.
Un jour d'été ensoleillé, un enfant de 6 ans s'amusait dans un petit jardin situé derrière la maison familiale. Il regardait les fleurs, observait les papillons... tandis que le voisin travaillait dans le jardin d'à côté, perché sur une échelle en bois.
Soudain l'enfant fût enlevé à sa rêverie par un grand bruit : il vit le voisin allongé en travers du sentier, la tête sur la bordure en béton du sentier et beaucoup de sang qui coulait. Paniqué, angoissé, éprouvant de la difficulté à respirer, il rentra en courant, en pleurant, presque en hurlant pour prévenir sa mère.
L'enfant était tellement agité que sa mère pensait qu'il s'était blessé. Se sentant incompris et n'étant plus capable d'articuler correctement, l'enfant saisit la blouse de sa mère et tira sa mère dans le jardin. L'enfant vit le drame une seconde fois avec plus de détails, une marre de sang, des éclaboussures de sang sur les feuilles des plantes. Aussitôt la mère plaça sa main devant les yeux de l'enfant en lui disant : "ne regarde pas"... "rentre" et la mère pousse l'enfant en direction de la maison.
L'enfant s'exécuta et se mit à vomir à peine rentré dans la maison avec des images d'horreur plein la tête et un sentiment profond de confusion.
Après que l'urgence fut passée (le voisin était mort) la mère interrogea son enfant pour tenter de savoir ce qui s'était passé. Toujours sous le choc, l'enfant ne comprenait pas ce qui venait d'arriver, ni ce qui lui arrivait. Il ne comprenait pas pourquoi sa mère l'interrogeait avec insistance (serait-il fautif de ce qui venait d'arriver? - est-ce que sa maman était fâchée?) En fait l'enfant s'est senti incompris, comme abandonné à lui-même au moment où il aurait eu le plus besoin de réconfort.
A partir de ce jour, toute la vie de l'enfant va changer. A cette époque on ne parlait pas comme aujourd'hui de suivi psychologique. Les parents de cet enfant n'étaient pas riches, ils n'avaient pas de voiture, pas de télévision, même pas le téléphone. Puis les parents en avaient vu "d'autres", ils avaient connu la guerre, donc pour eux il était clair que l'enfant "n'avait rien". Donc si l'enfant en venait à se plaindre de "rien", il était clair dans l'esprit des parents qu'il "jouait la comédie". Il devint tout aussi clair dans l'esprit de l'enfant qu'il n'était pas né dans la "bonne famille" et il se replia de plus en plus sur lui-même.
La phobie du sang.
La phobie du sang fut la conséquence la plus visible du drame de ce beau jour d'été ensoleillé. Chaque fois que l'enfant (et plus tard l'adulte) était mis en présence d'un drame sanguinaire il perdait tous ses moyens : son esprit devenait "embrumé", nauséeux, ses jambes devenaient molles, la respiration se faisait difficile, des sueurs froides apparaissaient... dans ces situations il ne restait plus qu'à trouver un mur où s'accoter, un endroit pour être assis ou même se coucher à terre. Parfois, la vue d'une tache de sang ou de certaines images pouvait suffire pour lui faire perdre ses moyens (son imagination faisait le reste).
L'ennui, c'est que pendant des dizaines d'années personne n'a diagnostiqué que cette "faiblesse" était en fait une phobie du sang. Ancun traitement spécifique n'a donc pas pu être entrepris. Au contraire au yeux de ses camarades d'école l'enfant était devenu une "petite nature" (un faible). Pourtant, à l'école maternelle cet enfant était plutôt hardi.
Stress post-traumatique de "chute".
Une échelle en bois faisait partie de la scène du drame original. Ceci s'est matérialisé par des états de malaise chaque fois que l'enfant (et aussi plus tard à l'âge adulte) devait monter sur une échelle ou chaque fois qu'il était dans une situation qui présente un risque de chute (le bord d'une toiture ou d'une falaise) et d'autant plus fort qu'il y avait présence de bois. Par exemple, au cours de gymnastique, malgré la pression du groupe, malgré les encouragements du professeur, il lui était tout à fait impossible de traverser en équilibre une poutre en bois placée à environ 1 mètre de hauteur. Il préférait se jeter à terre plutôt que prendre le risque de tomber.
Stress post-traumatique de "bruits".
Certains bruits ont également été perçus lors du drame. Ceci s'est matérialisé par des réactions de sursaut ou d'angoisse lorsque l'enfant percevait certains bruits. Par exemple, pendant la nuit, il pouvait être réveillé par un craquement de plancher. Il se réveillait en état d'hypervigilance. Il se levait, prenait un soulier pour se défendre et descendait sur la pointe des pieds au rez-de-chaussée pour vérifier qu'il n'y avait personne. Il remontait faire son "inspection" jusqu'au grenier. Revenu dans sa chambre, il inspectait l'intérieur du garde-robe, puis après avoir placé la table de nuit devant la porte, il pouvait enfin se recoucher. Avec le recul, tout ceci semble absurde puisque si la "menace" avait été réelle, il aurait suffit à l'enfant de réveiller ses parents qui dormaient dans la chambre à côté. De jour, une simple sonnerie de téléphone pouvait suffire pour le faire sursauter et lui donner des palpitations.
Dommages collatéraux
Si je pouvais donner un conseil aux personnes qui sont en présence d'un individu en état de choc, c'est de ne pas dire n'importe quoi en sa présence et surtout pas des choses comme : "Oh Mon Dieu - quelle horreur!" "... ne s'en remettra jamais!" et autres formes de "prophéties négatives". Par contre il peut être bénéfique de dire quelque chose comme "Regarde, il est en train de se calmer - Il va s'en sortir".
J'ai déjà souligné que l'hypnose est un phénomène naturel. Lorsqu'une personne est en situation traumatique, tout ce qu'elle ressent, tout ce qu'elle entend, tout ce qu'elle voit est enregistré avec une accuité particulière, c'est un processus automatique de survie; le corps est en état d'alerte et les sens sont suractivés. Donc tout ce qu'elle entendrait pourrait être exécuté à la lettre .
Dans l'exemple de l'enfant en état de choc, la mère a posé sa main sur les yeux de l'enfant (ancrage kinesthésique) et a dit "ne regarde pas" (ancrage auditif). Ce n'est donc pas un hasard s'il a fallu attendre plusieurs dizaines d'années (et un certain nombre de thérapies) pour que la relation entre ce choc de l'enfance et des comportements erronés ait peu être établie.
Quant à la suggestion "rentre" (toujours avec la main qui cachait ses yeux), elle a contribué à ce que l'enfant se replie de plus en plus sur lui-même (intériorisation) et cache ses problèmes (comme ses cauchemars de chutes ou ses pensées morbides). Le terrain était donc propice pour développer des comportements analogues à une phobie sociale et une agitation anormale (tics et manies) - à moins qu'il ne s'agissait d'un syndrome de Gilles de la Tourette qui n'a jamais été diagnostiqué. Pour compenser, l'enfant se réfugiait dans sa bulle ou se garochait sur la nourriture (obésité). A l'âge adulte l'alcool a pris le relais. On comprendra donc que plusieurs thérapies sur plusieurs années ont été nécessaires puisqu'il a fallu commencer par la consommation d'alcool et autres formes de dépendances ou compulsions.
Les régressions.
Une idée assez répandue veut que si l'on peut réinterpréter l'événement primal, on peut changer les perceptions et les comportements actuels et futurs de la personne. D'un autre côté, certains livres laissent croire que l'on pourrait changer son avenir presqu'aussi facilement qu'avec une baguette magique.
Sur le plan des principes et dans l'absolu, ce n'est pas tout à fait faux.
En pratique, le point de départ, c'est la situation actuelle de la personne et ce qu'elle désire changer. Quelqu'un qui se trouve très bien comme il est ou qui est effrayé à l'idée du changement, n'aura aucune envie de changer quoi que ce soit.
L'être humain possède une formidable capacité d'adaptation dont le but est la survie. On peut même s'adapter à un certain niveau de douleurs qui pour une personne deviendrait acceptable tandis que si une autre personne en santé recevait ce même niveau de douleurs, elle trouverait ça insupportable (les sensations de douleurs sont très subjectives). Donc il peut être très difficile d'oser changer, ou même seulement de remettre en question un comportement d'adaptation même si celui-ci comporte des inconvénients (ce qui est le cas notamment de l'alcoolisme - sauf que la finalité de l'alcoolisme c'est l'hôpital, la prison ou la mort). Il est clair que rendu à ce stade, la priorité de traitement, ce n'est plus la phobie, ni le stress post-traumatique, mais la consommation d'alcool devenue incontrôlable.
Donc avant de procéder à des régressions, la première étape, c'est de procéder à un inventaire (un bilan) de la situation de la personne et de définir le ou les objectifs recherchés.
La deuxième étape, c'est de limiter les facteurs aggravants comme le stress.
La troisième étape, c'est de favoriser les attitudes, comportements ou ressources propices au changement désiré. A ce stade il faudra peut-être revoir certaines croyances ("je n'arriverai jamais à", "je suis tout à fait incapable de", etc.) ou d'autres éléments qui pourraient faire obstacle au changement désiré. Pour changer, il faut d'abord croire que c'est possible de changer.
A la quatrième étape les processus de changement vers l'objectif sont installés puis renforcés pour rendre ces processus automatiques. Au cours de cette étape, différents outils seront employés, les régressions ne sont qu'un outil parmi d'autres.
Un feedback de contrôle est effectué régulièrement et au moins au début de chaque nouvelle séance.
Donc à tout moment, on peut revenir aux étapes 1, 2 et 3. Il est donc toujours possible de redéfinir ou de repréciser l'objectif de départ en fonction de découvertes effectuées.
Les changements sont parfois très rapides et peuvent se manifester après une seule séance. Si les changements sont très rapides et semblent même "trop faciles" je conseillerais à ces personnes de ne pas abandonner le traitement trop vite. Par exemple, une compulsion alimentaire aux sucres peut se transformer en compulsion alimentaire aux graisses, donc si la situation des sucres est réglée, la situation de la compulsion alimentaire ne l'est pas. Puis lorsqu'on a fait le tour de la situation alimentaire au complet il peut être nécessaire d'aller plus loin pour traiter une situation antérieure. Dans l'exemple de l'enfant du début, si sa situation alimentaire avait été traitée à l'époque, sa situation phobique ou de stress post-traumatique ne l'aurait pas été nécessairement. N'oublions pas que l'enfant avait reçu l'ordre formel de "ne pas regarder". Le dire, aurait été "faire sortir" l'information, mais il avait aussi reçu l'ordre formel de "rentrer". Ceci met en évidence l'utilité de la 3ème étape qui ressemble parfois à un véritable travail de détective.
En pratique, l'action du thérapeute est aussi limitée par le contrat de départ convenu avec le client. Si une personne désire traiter une douleur, le thérapeute traitera la douleur mais il ne touchera pas à un éventuel tabagisme si son client ne lui en n'a pas donné le mandat ou lui a interdit de le faire.
Dans les faits, on consulte pour une ou plusieurs raisons bien précises. Aucun client ne m'a jamais dit : "Allez-y, vous avez carte blanche, faites tout ce que vous voulez qui est bon ou approprié pour moi". Si la plupart des gens veulent être heureux et avoir une parfaite santé, le recours à une thérapie se limite souvent à devenir ou redevenir plus "fonctionnel". Pour ceux qui ne se limitent pas à l'aspect fonctionnel, il existe des ateliers pour explorer de nouveaux horizons, de nouvelles ressources.
Autre exemple : la phobie des ponts.
Détection de l'événement source.
Dans le cas de phobies, je parlerai plutôt d'événement source que de "cause". Le terme "cause" laisse penser qu'il y a un rapport de cause à effet. Par exemple si vous avez peur des chiens après avoir été mordu par un chien, il y a un rapport direct entre la morsure initiale et la peur subséquente.
Pour les phobies, il n'y a pas de rapport direct avec la cause mais plutôt une association indirecte d'un facteur étranger (ou d'un ensemble de facteurs étrangers) à la cause et ce facteur étranger (ou cet ensemble) prend le relais pour agir comme la cause. Comme j'ai parlé "d'association" je signale que l'hypnose est parfois utilisée comme thérapie de dissociation.
Pour revenir à l'histoire de l'enfant du début, cet enfant n'avait pas peur de l'eau ni des ponts. Cependant un pont très particulier, un seul et unique pont le mettait mal à l'aise : un petit pont assez large pour laisser passer une voiture au dessus d'un canal. La vitesse sur ce pont était limitée à 15 km/h et lorsqu'une voiture passait dessus, le pont tremblait et on entendait le bruit des poutres de bois de la base de roulement qui s'entre-choquaient au passage des roues. Ce n'est pas le pont qui le mettait mal à l'aise mais le risque de chute ET la base de roulement constituée de poutres de bois.
Donc trouver l'événement source s'apparente parfois à tenter de trouver une aiguille dans une meule de foin. Heureusement, avec l'hypnose, on peut parfaitement obtenir une ou plusieurs améliorations significatives de la situation actuelle de la personne sans se préoccuper de l'événement source (ce qui est notamment le cas avec des syndromes ou maladies réputés incurables comme la fibromyalgie). N'oublions pas que si la conscience n'a pas accès à certaines informations, l'inconscient a tout enregistré. La phobie résulte donc d'un enregistrement qui ne serait pas au bon endroit.
La phobie des ponts - cas vécu
En fait, je devrais dire : la phobie de certains ponts dans des circonstances particulières.
Cas vécu : Peu après les fêtes de fin d'année une personne eut un grave accident de la route (plusieurs heures dans le coma). La voiture s'est écrasée contre un mur de jardin. Si l'accident n'avait pas eu lieu, le véhicule aurait poursuivi sa route en passant sous le pont d'une autoroute (il s'agit de l'élément indirect cité plus haut).
Cette personne se remit à conduire en ville quelques mois plus tard et ne constate rien de particulier... jusqu'au jour où elle emprunte une autoroute. Surprise! Lorsqu'elle devait passer sous un pont et uniquement sur une autoroute (pas ailleurs) une angoisse la saisissait à chaque pont comme si le pont allait s'écrouler sur la voiture. Cette personne - qui connaissait le rôle de la pensée positive - commença sur-le-champs de s'inventer des stratagèmes pour surmonter ou faire diminuer l'angoisse tout en conservant la maîtrise du véhicule. Elle constata que la situation était la même lorsqu'elle était passager d'une voiture sur l'autoroute.
On peut le voir, la phobie est très sélective : uniquement sur autoroute ET au moment de passer SOUS un pont. Donc, pas en ville ni lorsqu'il fallait passer SUR un pont, ni ailleurs sur l'autoroute. Or le pont n'était pas impliqué directement dans l'accident, il a juste été associé. L'association "sous un pont d'autoroute" a été réinterprétée par "sous un pont SUR une autoroute".
Dans ce cas, le hasard fit très bien les choses. Au cours d'une conversation, en voiture et sur une autoroute, cette personne parla de son malaise particulier avec les ponts. L'autre personne (qui avait certains dons particuliers) lui fit remarquer : "un pont c'est quelque chose qui relie quelque chose à autre chose" (plutôt simpliste comme remarque non?). Pourtant cette remarque a créé le déclic nécessaire pour faire disparaître cette phobie instantanément - et elle n'est jamais réapparue. La fin du voyage sur l'autoroute ce jour là fut des plus agréables. La personne n'en revenait tout simplement pas de s'être libérée aussi facilement de son malaise.
En hypnose aussi, cela paraît parfois tellement facile que l'on ne veut pas y croire - tellement on est convaincu qu'il faut TOUJOURS faire des efforts. Faire des efforts, c'est rester au niveau de la conscience éveillée (134 bits par seconde) et se priver des ressources de l'inconscient (3 millions de bits par seconde). Ce que la conscience fait en 62 ans, l'inconscient peut le faire en 1 jour! Pas étonnant que l'hypnose soit une thérapie brève ainsi qu'un puissant outil de développement personnel!
Si l'on tient compte d'une influence possible de vies antérieures on peut penser que la phobie pourrait prendre naissance depuis une vie antérieure. En effet dans le cas cité sur la page "viesanterieures" la situation trouvée dans une vie antérieure était sanguinaire et en rapport avec la tête. Donc l'événement dramatique auquel l'enfant a assisté dans cette vie-ci - événement sanguinaire, également en rapport avec la tête - ne serait que la suite logique d'un événement survenu en vies antérieures, une sorte de "rappel".
Petit truc pour enlever les peurs instantanément
Il s'agit d'un petit truc, donc ne vous attaquez pas à "la peur de votre vie". Commencer avec une peur qui ne vous fera pas perdre tous vos moyens. Bien que l'on utilise des procédés similaires en thérapie, le thérapeute est la pour vous aider.
Peur des chats ? des chiens ? d'autre chose ? - Commençons :
Pour commencer, crée une image mentale aussi complète que possible d'un événement de ton passé qui était très agréable (prends ton temps). Lorsque cette image est bien présente à ton esprit, fais-en une image plus brillante et plus grande. Conserve cette image et fait marcher le chat au milieu de cette image et fais-le faire partie de l'image. C'est tout !
Vous remarquerez que cet exercice peut se pratiquer en étant éveillé, mais j'ai aussi suggéré de ne pas vous attaquer à la plus grande peur de votre vie. Dans ce cas il faudra probablement y aller par étapes successives (désensiblisation progresssive) ou / et sous hypnose.
Si ces petits trucs vous ont été utiles vous pouvez partager votre expérience ou vos nouvelles découvertes dans notre blogue ou notre forum - Merci !